GUY DEBORD

99,00 €

CRÉÉ EN 2005
ÉDITÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 2026

✎ Tirage pigmentaire signé et numéroté

Contexte de l’œuvre

En 2005, je suis rentrée en résistance cognitive*depuis déjà 4 ans. Guy Debord, que j’ai découvert assez tard, (1994 sur Canal +), est devenu une référence incontournable en termes de lucidité, même s’il a fini sa vie dans l’alcoolisme. L’isolement intellectuel étant souvent une prison d’où on ne s’échappe pas. J’étais surtout intéressé par sa période glorieuse. Dès 1958, en deuxième de couverture de la revue Internationale Situationniste n°1, est écrit ceci : Tous les textes publiés dans Internationale Situationniste peuvent être librement reproduits, traduits ou adaptés, même sans indication d’origine. Pour Debord et les situationnistes, le droit d’auteur et la propriété intellectuelle étaient des inventions bourgeoises destinées à transformer les idées en marchandises. En autorisant le plagiat et la reprise anonyme, ils mettaient en pratique leur concept phare de détournement. Les idées révolutionnaires n’appartiennent à personne, elles doivent circuler librement pour saboter la culture officielle (le spectacle). Dans son ouvrage Poésies II, Isidore Ducasse (comte de Lautréamont) a écrit une phrase mythique que Debord va faire sienne, au point de la recopier mot pour mot dans la thèse 207 de La Société du spectacle : Le plagiat est nécessaire. Le progrès l’implique. Il serre de près la phrase d’un auteur, se sert de ses expressions, efface une idée fausse, la remplace par l’idée juste.

Pour eux, les idées et les mots appartiennent à tout le monde. La création n’est pas une propriété privée que l’on doit breveter, c’est un flux permanent où chaque génération doit pouvoir puiser, afin de corriger et d’améliorer le travail de la précédente. C’est ce que Debord appelait le communisme littéraire. Il faut également citer l’influence des mouvements d’avant-garde du début du XXe siècle comme Dada et le Surréalisme, dont il s’est beaucoup inspiré avant de les critiquer. Des figures radicales comme Arthur Cravan ou Marcel Duchamp avaient déjà tourné en dérision la notion d’œuvre d’art unique et sacrée en signant des objets du quotidien ou en dévoyant la culture classique.

Informations sur la démarche créative

Guy Debord est difficile d’accès, pour ne pas dire totalement hermétique. Il faut être très motivé pour y trouver une inspiration. C’est un choix conscient de sa part pour éviter la récupération marchande. J’ai dû lire tout ce qu’on a écrit sur lui pour arriver à décrypter le personnage, son livre, La Société du spectacle, étant volontairement inaccessible. Cela m’a toujours dérangé avec les intellectuels français, ce parti pris de rester incompréhensible pour le plus grand nombre, c’est très aristocratique. Mais Debord considérait qu’il était d’une clarté absolue, ce qu’il cherchait à rendre difficile, ce n’était pas le sens des mots, mais la méthode de pensée (la dialectique). Il voulait par un style complexe faire le tri entre les révolutionnaires potentiels et les simples spectateurs. Il refusait d’abaisser le niveau de la théorie, c’était à l’individu de se hisser jusqu’à elle. Finalement il sera l’influence principale de mai 1968, mais restera invisible, comme toujours. Rapidement, il estimera que c’est une révolte bourgeoise, donc un spectacle qui sera récupéré par le capitalisme, et il quitte la France. 

Décryptage du bricolage graphique

Pour l’affiche de Guy Debord, j’ai pris le total contrepied d’un visuel situationniste. J’ai voulu le confronter au marketing mercantile et cynique des années 80. Le lieu, la Californie, la scène, le skateboard, la marque, celle qui brillait plus que les autres, VISION STREET WEAR, championne du branding contre-culturel. Un business model pour la jeunesse, à la pointe de la tendance. Dans la multitude de logos créés par Vision durant cette période faste, mon choix s’est tout de suite porté sur le graphisme géométrique destiné à la star du skate vertical, Mark “Gator“ Rogowski, bourreau et victime inconsciente de la société du spectacle.

Le design original a été conçu pour une planche de skate en 1986 par Greg Evans pour Vision et s’inspire de l’Op Art (art optique) de Bridget Riley, très populaire dans les années 1960. 

Les textes ci-dessous ont été écrits par Christopher Dombres

Tirage pigmentaire
Papier Fine Art 310g
  • 50x70cm
De 1/99 à 99/99

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