TO BE SOMEONE
99,00 €
CRÉÉ EN 2009
ÉDITÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 2026
✎ Tirage pigmentaire signé et numéroté
Contexte de l’œuvre
Nous sommes des millions à vouloir devenir quelqu’un, autant dire personne. Le principe même de la célébrité repose sur la rareté, si tout le monde est célèbre, alors personne ne l’est. Devenir quelqu’un est une autre façon d’accéder à l’immortalité, popularisée dans les consciences à partir du 19e siècle, avec les artistes romantiques (Lord Byron, Chateaubriand). Le phénomène s’est depuis propagé tel un virus, ce qu’avait compris Andy Warhol en 1968. L’individu moderne, terrifié par l’anonymat et la banalité (qu’il assimile à une non-existence), est prêt à tout pour obtenir son quart d’heure de gloire. C’est l’antidote contemporain, souvent trompeur, à la crainte primitive de l’effacement. Une question profondément humaine liée à notre insécurité, elle-même alimentée par la peur de la mort. Après avoir affronté la survie biologique, nous devons faire face à la survie sociale à l’origine de l’angoisse existentielle qui nous touche tous sans exception. Dans une société où tout repose sur la consommation ostentatoire, il n’est pas possible d’y échapper, chaque seconde est définie par nos choix sous le regard de tous. Ce système a atteint ses limites, il ne produit plus que des victimes depuis longtemps. On est aujourd’hui connu pour sa notoriété, comme les monarques d’autrefois.
Informations sur la démarche créative
Alors, si tout le monde est génial, cela veut-il aussi dire que personne ne l’est ? Si on prend comme mesure du talent l’esprit du capitalisme, il ne peut y avoir qu’un seul génie. Mais si on regarde les choses de façon moins superficielle et plus critique, on réalise que c’est faux. Si le génie de chacun était mis en valeur de façon rationnelle et efficace, c’est l’ensemble de l’humanité qui en bénéficierait. Il faudrait adopter des approches basées sur les intelligences multiples afin de repérer et cultiver les talents naturels là où ils se trouvent. Le problème de l’humanité n’est pas le manque de talents, c’est leur mauvaise allocation. La technologie ne doit pas être utilisée pour capter l’attention, mais pour résoudre des difficultés concrètes avec l’aide de ceux qui ont des solutions. Mettre en contact les humains entre eux pour qu’ils coopèrent, au lieu d’alimenter les divisions comme nous le faisons actuellement avec la compétition stérile des apparences. L’IA devrait permettre ce bond évolutif.
Décryptage du bricolage graphique
Enfant, j’écumais les bouquinistes avec ma mère à la recherche de livres anciens sur le cinéma, elle était cinéphile et évidemment je voulais le devenir. Il me fallait mes propres livres, ceux qui parlaient de Spielberg et Lucas. Un jour, dans un de ces bouquins, j’ai découvert une affiche jamais vue auparavant, celle d’un film de science-fiction bizarre, Galaxina (1980). J’ai tout de suite été fasciné par la beauté de la jeune femme qui était représentée sur le visuel, Dorothy Stratten. Bien plus tard, au début des années 1990, j’ai découvert son destin tragique et elle restait pour moi comme l’incarnation parfaite de l’héroïne inaccessible. J’ai utilisé son visage dans beaucoup de mes travaux, d’abord de façon ironique, puis de façon plus dramatique. Son portrait multiplié à l’infini représente une illusion, celle de pouvoir sortir du lot. L’idée visuelle vient de l’affiche américaine de Mars Attacks (1996), elle-même inspirée d’une couverture du magazine américain Mad (1975). Le personnage de Galaxina dans le film du même nom et interprété par Dorothy Stratten, il est inspiré de l’actrice suédoise Essy Persson dans le rôle de Thora dans …4..3..2..1… morte (1967). La phrase qui a inspiré le titre, TO BE SOMEONE, est une chanson de 1978 d’un groupe anglais, The Jam (excellent). Noël Gallagher du groupe Oasis, et fan des Jam, a créé sa propre version en 1998, c’est la plus aboutie.
Les textes ci-dessus ont été écrits par Christopher Dombres



















