BIRDS

99,00 €

CRÉÉ EN 2012
ÉDITÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 2026

✎ Tirage pigmentaire signé et numéroté

Contexte de l’œuvre

Les requins ont eu un grand impact dans ma vie. Enfant j’ai découvert des dents de Carcharodon carcharias dans le ciment qui avaient servit a sceller les pierres du mur de mon école. Ces dents de requin blanc, résidus de la préhistoire m’on immédiatement fasciner. Mon grand-père m’a ensuite offert une énorme dents de grand requin blanc préhistorique qui est devenu mon fétiche. Et puis il y a eu le film, Les Dents de Mer (Jaws 1975) de Steven Spielberg, j’avais 7ans quand il est sorti, tous le monde en parlé puisqu’on vivait au bord de l’eau et que des grands requins blancs avait déjà été attrapé au large de Sète. Les affiches m’ont littéralement terrifié, mon imagination débordante ne pouvait accepter l’issue fatale que cette image impliquée. D’autres affiches de cinéma de la même période m’on aussi marqué, souvent dans le registre de la terreur et on fini de sceller mes névroses esthétique. 

Informations sur la démarche créative

Graphiquement, l’idée était de faire exploser la maquette de l’affiche originale de Jaws qui m’a quand même bien traumatisé. Une vengeance donc. Mais je voulais aussi formaliser mes recherches sur l’origine des idées avec l’image la plus emblématique de mon enfance. Le monstre était aussi rentré chez moi par l’intermédiaire de sa version papier, le best-seller de Peter Benchley. J’ai aussi arborer un collier avec une dent de requin, le must en termes de mode virile avec la photo de John Travolta, le visage tuméfié, sur un badge géant. À cette époque dingue, un film aussi sombre que La fièvre du samedi soir (1977) passait pour une comédie familiale. Il est difficilement concevable d’imaginer la même chose aujourd’hui. Tout mon travail est imprégné de l’iconographie des années 1970 elle même marqué par celle des années 1930. Un temps où tous les modes d’expression artistiques ont fusionné ensemble pour produire des œuvres inclassables, violentes et crues, très souvent intelligentes. Le public adulte avait encore une valeur marchande aux yeux d’Hollywood.

Décryptage du bricolage graphique

Birds, veut dire à la fois oiseaux et filles (argot britannique), Jaws signifie seulement mâchoire. Le film qui a servi de modèle à Spielberg pour Les Dents de la mer est Les Oiseaux (1963) d’Alfred Hitchcock. Si les deux longs métrages évoquent une menace de la nature totalement disproportionnée, se déroulant au bord de l’eau au sein d’une petite communauté humaine, ils sont remarquablement symétriques dans leur différence. Les attaques d’oiseaux, qui viennent d’en haut, sont la projection physique des déséquilibres, jalousies et angoisses étouffées entre les trois personnages féminins qui se disputent le héros masculin. Les femmes sont au centre du film, l’homme, à la périphérie. Spielberg s’est surtout servi de la progression dramatique des Oiseaux, des effets chocs et de la bande son. Les rapports entre les trois héros sont d’une autre nature, même s’ils convergent vers le même but, la menace vient d’en bas. Du point de vue de la sophistication narrative, il est moins délicat, les trois mâles rejouent un mythe patriarcal archaïque où l’homme doit vaincre la nature monstrueuse pour restaurer son pouvoir. Ils sont en charge de la situation, mais seulement pour montrer à quel point ils ne contrôlent pas grand-chose. D’un côté la menace vient du ciel, de l’autre des profondeurs. J’ai donc repris les codes visuels de l’affiche de 1975 réalisée par Roger Kastel pour les remplacer par ceux du film d’Hitchcock. La femme n’est plus la victime d’une forme phallique, elle est devenue une menace hybride bien plus complexe.

Texte Christopher Dombres 

Tirage pigmentaire
Papier Fine Art 310g
  • 50x70cm
De 1/99 à 99/99

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