MANZONI

99,00 €

CRÉÉ EN 2018
ÉDITÉ POUR LA PREMIÈRE FOIS EN 2026

✎ Tirage pigmentaire signé et numéroté

Contexte de l’œuvre

En 2018, c’est la crise des Gilets jaunes, la France s’embrase. À l’origine, j’ai fait ce dessin pour une revue littéraire qui est sortie juste au moment où le mouvement prenait d’assaut la capitale. Les médias ne comprenaient rien à ce qui était en train de se passer, mais ils savaient que c’était grave. Responsable de tous les dessins de la revue, j’avais choisi un angle graphique très agressif. Le dessin de couverture invite à brûler les riches. France Télévisions estimera que j’ai anticipé la crise et voudra que j’apporte mon témoignage d’artiste précaire sur le sujet. Je ne pouvais que refuser.

Informations sur la démarche créative

C’est donc à cette occasion que j’ai eu l’idée de rendre hommage à Piero Manzoni. Ce jeune artiste italien, mort à l’âge de 29 ans, est allé au bout de la logique de Marcel Duchamp avec brio. Dans les années 1950, il fréquente l’avant-garde italienne et appartient au mouvement de l’Art nucléaire. Suite aux bombardements par les Américains du Japon, de nombreux artistes vont questionner leur rôle dans une société post-atomique où l’extinction totale de l’humanité est devenue une possibilité. Il se rapproche ensuite du collectif NUL qui tente la représentation objectivement neutre de la réalité. Là il aborde le ready-made et les multiples. C’est un des précurseurs de l’art conceptuel et pour moi, Merda d’Artista (1961) est son projet le plus emblématique. Selon la légende, son père avait une conserverie et c’est suite à une de ses critiques que Manzoni décide de la matérialiser littéralement. Il va donc lui aussi manufacturer (à 90 exemplaires) ce que, selon son daron, il fait de mieux, de la merde, et la vendre mise en conserve au prix de l’or. Conceptuellement, c’est une déclinaison diabolique des idées de Marcel Duchamp avec un aspect politique qui ne pouvait que choquer en 1961. On peut voir Maurizio Cattelan, aussi italien, comme son héritier direct. Son contemporain et ami, Ben Vautier, a signé le certificat de décès de Manzoni, le déclarant œuvre d’art.

Décryptage du bricolage graphique

Pauvre Nutella, condamné à l’ostracisme dans un monde où le sucre et le gras sont devenus des tueurs de masse. Comme tous les enfants qui ont grandi dans les années 1970, j’ai été un fervent adepte des produits Ferrero. J’ai fusionné Merda et Nutella parce que c’était une évidence. Tous les deux Italiens et nés dans les années 1960, ils représentent bien l’idée que l’on peut se faire de ce pays, une culture savante et des productions extravagantes. Le dessin a été fait à la main sur un calque après avoir réalisé une maquette avec des éléments photographiques récupérés sur le web. Entièrement mis au point avec un logiciel de création vectorielle, comme tous mes bricolages. C’est une œuvre au goût exquis qui donnera à votre intérieur cette petite touche d’excentricité qui fait toute la différence.

PS: Je réalise en écrivant ce texte que sur le pot il y aurait dû y avoir écrit MERDA et pas MERDE, une erreur grossière que l’IA n’aurait jamais commise.

Texte Christopher Dombres 

Tirage pigmentaire
Papier Fine Art 310g
  • 50x70cm
De 1/99 à 99/99

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